Le déficit en vitamine D & la mortalité et certaines maladies

Alors que les essais cliniques sur la vitamine D donnent parfois des résultats mitigés, et que l'intérêt de la vitamine D est contesté par certains chercheurs, 2 méta-analyses parues dans BMJapportent de nouvelles informations sur de vastes échantillons de population : l’une montre un lien entre un déficit en vitamine D et la mortalité, l’autre suggère une association entre vitamine D et certaines maladies sans pouvoir cependant conclure avec certitude.
La vitamine D est produite par l’organisme lorsque la peau est exposée à la lumière du soleil. Elle peut aussi être trouvée dans certains aliments : poisson, œufs, aliments enrichis, champignons. Elle est enfin disponible sous forme de complément alimentaire ou de médicament. Il existe deux types de vitamine D : la D3, qui est celle produite naturellement par tous les êtres vivants, y compris l'homme, et la D2 que l'on trouve dans les végétaux et certains compléments alimentaires et médicaments. La vitamine D, qui se comporte comme une quasi-hormone, aide l’organisme à réguler le calcium; elle joue aussi un rôle dans l'immunité et des dizaines de processus physiologiques importants.
Dans les études d’observation, en comparant le tiers inférieur et le tiers supérieur pour la concentration sanguine en vitamine D, il y avait un risque augmenté de décès chez les personnes avec les taux les plus bas : +35 % par maladie cardiovasculaire, +14 % par cancer, +30 % pour des causes non-vasculaires et non-cancéreuses et +35 % toutes causes confondues. Les preuves les plus nettes concernaient la mortalité par maladie coronarienne, lymphome, cancers digestifs hauts, maladies respiratoires.
Dans les essais cliniques randomisés contrôlés (sur des personnes d'âge moyen 56 à 85 ans), la complémentation en vitamine D prise globalement n'a pas entraîné de diminution de la mortalité. Mais lorsqu'on fait la distinction entre vitamine D3 et vitamine D2, alors les risques relatifs de mortalité toutes causes étaient diminués de 11 % avec une complémentation en vitamine D3 (10 à 6000 UI/j), soit 14 études retenues et 13637 participants, essentiellement des personnes âgées. Mais les chercheurs n’ont pas trouvé de bénéfice avec les suppléments de vitamine D2 (208 à 4500 UI/j), et même un risque plus élevé de mortalité avec cette forme de vitamine lorsque les doses sont comprises entre 600 et 2000 UI et la durée de l'intervention est de moins d'un an et demi.