L'Europe et la vitamine D

L'autorité Européenne de sécurité des aliments (EFSA), équivalent de l'ANSES en France a décidé de réexaminer les doses maximales de sécurité pour les apports en vitamine D. La dose maximale de sécurité est une valeur déterminée en fonction des dernières données scientifiques. Cette dose est censée être parfaitement sécuritaire pour l'ensemble de la population ciblée.
Le nouveau travail de l'agence a permis de préconiser une dose maximale de sécurité pour la vitamine D de 100 µg par jour chez les adultes (soit 4 000 UI) contre 50 µg auparavant (soit 2 000 UI). Le groupe d'experts précise également que ces recommandations sont valables pour les femmes enceintes ou allaitantes. Pour finir, les experts reconnaissent que les études ne montrent aucun danger jusqu'à des doses quotidiennes de 10 000 UI par jour mais estiment manquer de données à long terme pour établir une limite à ce niveau.

La dose de sécurité établie en 1996 en France pour la vitamine D est officiellement toujours de 1000 UI/j. Cette dose résulte d'une erreur de calcul, comme Thierry Souccar l'a raconté en 2004 dans Santé, Mensonges et Propagande. Malgré cette erreur grossière, l'organisme à l'origine de ces valeurs, le Conseil supérieur d'hygiène publique de France, n'a jamais voulu revoir ses calculs. On peut s'interroger sur le sérieux de telles recommandations qui passent du simple au double en l'espace d'une nuit. C'est l'aveu que les précédentes étaient mal formulées.
Il s'agit donc d'une bonne nouvelle. La prochaine étape espérée est le rehaussement des apports nutritionnels conseillés (ANC), qui sont dans notre pays ridiculement bas (200 UI/j), et qui pour cette raison sont probablement responsables d'un grand nombre de problèmes de santé. Jusqu'ici, les autorités sanitaires françaises et les médecins qui les conseillent ont tout fait pour justifier des apports conseillés pourtant déconnectés de la réalité scientifique, et éviter d'avoir à s'expliquer sur les raisons qui les ont conduits à diviser les ANC de 1992 par deux en 2001. Une situation pourtant jugée inacceptable par les spécialistes de cette vitamine.